J'ai alors commencé mon combat contre cette maladie le 13 juin 2005
J’ai tout d'abord été traitée par une chimiothérapie lourde. On a beau y être préparés c'est tout de même très impressionnant.
Les antiémétiques ayant beaucoup évolué les effets secondaires des chimiothérapies sont donc mieux maîtrisés pour ce qui est des nausées.
Mais il y a beaucoup d'autres effets secondaires pour lesquels nous ne sommes pas toujours bien préparé.
J'ai connu une déshydratation totale qui me faisait boire environ 6 à 8 litres d'eau par jour, cela parait énorme mais heureusement ça n'a pas duré trop longtemps.
Ma peau également était très sèche, je me desquamais sur les mains et les pieds.
J'ai eu une agusie (perte de goût) totale pendant plusieurs mois.
Une perte de sensation au niveau des extrémités, d'ailleurs tout n'est pas encore revenu à la normale.
J'ai également fait une muscite, il s'agit d'une inflammation de la bouche et du tube digestif. L'acidité de la chimiothérapie provoque beaucoup de changements pour les muqueuses.
J'ai également eu des plaies cutanées, cela est plus rare mais j'ai fini par comprendre que j'ai connu beaucoup d'effets secondaires !!!
La perte des cheveux reste inévitable avec certains produits. En général elle arrive une dizaine de jours après la première injection. Mais si les cheveux tombent, tout le système pileux est concerné et lorsque j'ai perdu mes cils mes yeux pleuraient en permanence.
Ma première injection c'est faite par voie veineuse classique (perfusion dans le bras) mais la chimiothérapie abîme considérablement les veines. C'est pour cela que l'on doit se faire poser une voie veineuse centrale appelée aussi PAC. Il s'agit d'un petit boîtier que l'on glisse sous la peau et qui se prolonge par un petit tube qui est placé dans la veine jugulaire. Même si cela parait très impressionnant (et ça l'est !) il est posé très rapidement sous anesthésie locale. Ce petit boîtier permet ensuite aux infirmières de piquer directement dedans (en ayant pris soin de poser un patch anesthésiant avant) ainsi nos veines sont préservées.
J'ai donc eu 4 chimios de FEC et ensuite 4 autres de TAXOTERE / HERCEPTIN. Puis je partais pour une année d'Herceptin.
Après chaque chimio j'entrais dans une phase dite d'aplasie, c'est-à-dire que mes globules blancs chutaient quasi totalement. Cela se produit en général à J 10 après l'injection. Dans ce cas je n'avais plus d'immunité donc je risquais des infections en tout genre. C'est pour cela que je devais avoir en permanence des antibiotiques sous la main.
Pour faire remonter mon taux de globules blancs une infirmière devait me faire pendant cinq jours consécutifs des injections de "Granocyte". C'est un produit qui stimule la moelle osseuse pour fabriquer des globules blancs. Comme la moelle osseuse est stimulée de façon importante pendant les cinq jours ainsi que les deux qui suivaient les injections j'avais la sensation très désagréable que chacun de mes os était fracturé, un peu comme si l'on m'avait jeté du cinquième étage. Cela était très difficilement supportable mais était impératif pour moi car la moindre infection interdisait la nouvelle chimio et il faut absolument respecter les rythmes d'injection.
Après huit cures de chimiothérapie je pouvais donc être opérée sans risques.
J'ai alors subi une mastectomie (ablation totale d'un sein). J’ai également subi un curage ganglionnaire. Cela consiste à retirer les ganglions qui se trouvent sur la chaîne lymphatique pour ensuite les analyser afin de savoir s'ils sont touchés.
Le problème c'est que l'ablation en elle même n'est pas douloureuse mais le curage lui est douloureux. Le bras reste "bloqué" un certain temps et la kiné est obligatoire pour retrouver de la mobilité sur mon bras droit. Mais ensuite cela implique que chacune de nos habitudes sera changée, il ne faut plus rien porter de lourd avec ce bras, ne pas faire de mouvement violent, ne plus prendre la tension, ne plus faire de piqûre, ne plus avoir la moindre écorchure en jardinant, ne plus porter de bijoux ou bien de vêtements serrés ... la liste est longue. Et cela à vie. C'est pour cette raison que j'ai en permanence une carte indiquant la marche à suivre en cas d'accident.
La reconstruction elle n'est pas pour tout de suite, même si l'on sait qu'il est techniquement possible de reconstruire au moment de l'ablation il faut être certain de ne pas devoir subir de radiothérapie ensuite, sinon il faut retirer la prothèse car celle-ce se déforme sous l'effet des rayons. Je dois donc attendre dans un premier temps un an après l'arrêt de la radiothérapie car la peau est brûlée. Mais je préfère également être totalement certaine d'être guérie avant car cela se fait obligatoirement en deux interventions et je pense que physiquement il faut que je sois prête. Et puis c'est une intervention qui ne consiste pas uniquement à ouvrir mettre une prothèse et refermer. C'est plus compliqué que cela donc plus douloureux ensuite.
Puis j'ai été traitée par radiothérapie à raison d'une séance par jour pendant 5 semaines soit 25 séances.
La radiothérapie terminée j'ai pu continuer mon traitement par injection d'herceptin qui n'est administrée que dans certains cas et qui évite considérablement les risques de récidive. Parallèlement à cela je suis une hormonothérapie qui consiste en une prise quotidienne de comprimé ainsi que l'injection d'un implant dans le ventre toutes les 12 semaines et cela pour une durée de 5 ans dans un premier temps.
La multiplication de certains types de cellules malignes est dépendante des hormones. L’hormonothérapie consistera à bloquer les hormones de l’organisme pour éviter qu’elles stimulent le cancer.
On bloquera, et l'action, et la sécrétion, des oestrogènes. Cela implique que je ne pourrais plus jamais être de nouveau maman.
J'ai eu un peu de mal au début de ce traitement car j'avais beaucoup de douleurs de type rhumatismales mais avec le temps elles passent ...
Mon traitement correspond à un type de cancer bien particulier.
Il faut savoir qu'il existe plusieurs types de cancers du sein et donc plusieurs types de traitements.
Mon cancer est du type inflammatoire agressif. C'est à dire qu'il a provoqué dans mon sein une grosse inflammation qui le rendait intouchable. Si on opérait on prenait le risque que les cellules cancéreuses se propagent par le biais des vaisseaux sanguins et se métastasent instantanément. Il fallait donc le "maîtriser" avant. Et de type agressif car les cellules se multipliaient très très rapidement.
