Avec un petit enfant vous n'avez pas le droit de baisser les bras et même si l'on vous dit que votre type de cancer est très grave et que peut-être il n'y aura pas d'issue, il faut toujours croire en la vie.
Mon fils est pour moi un incroyable moteur. Et même si au fur et à mesure des traitements j'étais de plus en plus fatiguée et parfois découragée c'est mon fils qui m'a fait tenir.
Et puis même si l'on se sent très mal parfois il faut faire en sorte de ne pas abandonner toutes nos habitudes. Il est vrai que les sorties sont plus rares mais il faut en faire dès que l'on se sent bien. Il faut aussi penser à la personne qui vit à nos côtés et qui est impuissante face à la maladie. Il ne faut pas la négliger et savoir aussi la rassurer.
Il est difficile pour elle de devoir constater et accepter que la personne qu'elle aime souffre. De la voir changer physiquement, d'avoir chaque matin les stigmates de la maladie. Il lui faut beaucoup de courage pour pouvoir affronter cela.
Mais parfois nous avons besoin de crier ou d'être seule et il faut vraiment se laisser aller.
Il ne faut pas hésiter non plus à se faire aider par un psychologue car parfois nous ne prenons pas la bonne direction.
Lorsque l'on m'a dit que mon cancer représentait 1% des cancers du sein et qu'ils ne savaient pas comment le soigner et n'étaient pas sûrs de l'issue j'ai commencé par préparer mon départ. Il me semblait très important d'y penser pour ne pas être prise au dépourvu, pour avoir le temps de penser à tout. J'ai aussi voulu que mon fils et mon mari s'éloignent de moi pour moins souffrir au moment de mon départ.
C'était une façon pour moi de pouvoir contrôler une partie de ma vie, les autres événements étaient devenus incontrôlables mais ça je pouvais, il n'y avait aucun doutes possibles. Heureusement ce n'était que passager et j'ai vite compris que nous avions tous besoin les uns des autres.
Nous passons par des moments tellement éprouvants que parfois nous ne sommes plus très rationnels. Il ne faut pas se laisser dépasser par ces moments là, il faut très vite réagir et se reprendre en mains.
Combien de fois ai-je consolé mes proches ...
Sur l'île de Ré septembre 2004 (avant) Mon fils et moi septembre 2005 (après)